L’autonomisation économique des femmes : un enjeu fondamental

Dernière mise à jour : 1 mars

Depuis sa création, Yokoumi a fait le choix de soutenir des actions en faveur de l’autonomisation économique des femmes en reversant 10% de ses bénéfices à deux associations qui agissent sur le terrain. Cette cause s’inscrit plus largement dans le grand combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes. On vous explique pourquoi on a choisi de soutenir cette cause et nos actions !


L’autonomie économique, un levier de développement majeur


D’après l’organisation ONU Femmes, l’autonomisation économique est un facteur clé de l’émancipation. Pour bien comprendre l’enjeu dont on parle, revenons sur ce mot : émancipation.


S’émanciper c’est s’affranchir d’une contrainte, dans le but de devenir libre et indépendant. C’est un processus, plus qu’un moment. L’émancipation est une conquête, un mouvement dans lequel l’individu ou la communauté construit son autonomie. C’est pour renforcer les dynamiques initiées par les femmes, discriminées et marginalisées, que nous avons fait le choix de contribuer à cette grande cause pour permettre à chacune d’être libre de ses choix.

Le fait d’avoir une source de revenu propre est un des facteurs déterminant qui permet de casser les relations de dépendance et de tutelle pour permettre d’être plus indépendante dans ses choix. Agir sur l’autonomie financière des femmes est également le moyen le plus sûr d’atteindre un développement économique inclusif et durable. Les études montrent que les femmes investissent proportionnellement plus que les hommes dans les dépenses de santé et d’éducation. Elles contribuent ainsi au développement de la société toute entière.


"Quand des femmes gagnent un revenu, elles en réinvestissent 90% pour leur famille, en comparaison de seulement 30 à 40% pour les hommes."

"Women’s Rights Vital for Developing World" The Girl Effect


Les femmes sont des vecteurs d’amélioration des conditions de vie de leur entourage et comme un bonheur ne vient jamais seul, cela entraîne une dynamique vertueuse pour l’ensemble de la société.


"Éduquer un homme, c'est éduquer un individu. Éduquer une femme, c'est éduquer toute une nation"

James Emman Aggrey


Les Nations Unies ont fixé pour 2030, 17 objectifs, appelés les objectifs de développement durable ou « ODD » pour faire face aux grands enjeux sociaux et environnementaux de nos sociétés. Ils servent à guider les pays dans leurs démarches de développement pour intégrer au mieux les différents paramètres économiques, sociaux et environnementaux. Le cinquième Objectif de Développement Durable de l’ONU est celui de « l’égalité entre les sexes ».


Alors que de nombreux droits ont été acquis ces dernières années, on observe un recul de certaines libertés et des inégalités qui se creusent. Avant la crise du Covid, l’organisation ONU Femmes projetait une diminution de 2% du taux de pauvreté des femmes entre 2019 et 2021, il a en fait augmenté de plus de 9%.


Soutenir l’autonomisation économique des femmes est une priorité pour atteindre l’égalité entre les sexes, c’est pour nous un levier fondamental pour construire un monde plus juste et durable. C’est pourquoi dès le début du projet, l’équipe de Yokoumi a fait le choix pour amplifier son impact auprès des communautés locales de soutenir des acteurs de terrain, au Maroc et au Togo, en leur reversant 10% de ses bénéfices.


Etat des lieux des inégalités structurantes entre les hommes et les femmes au Maroc et au Togo

Le Maroc est un des pays où le taux de participation des femmes ayant une profession déclarée est un des plus faibles au monde ; ce taux ayant même baissé

durant les vingt dernières années. D’après les statistiques de la Banque Mondiale, seul 22% des marocaines avaient un emploi déclaré en 2018. Plusieurs facteurs expliquent cette situation, dont un taux d’analphabétisme très élevé chez les femmes, surtout en milieu rural, où l’accès à l’éducation est plus limité ; mais aussi l’assignation à des tâches domestiques très jeunes liées à la gestion du foyer et à l’éducation des enfants. La répartition de la charge domestique étant mal répartie au sein du couple, ONU femmes a montré qu’une femme célibataire a 3 fois plus de chances d’occuper un emploi.



Au Togo, la situation est différente. En effet, plus de la moitié des femmes occupent un emploi. La plupart d’entre elles (54%) travaillent soit dans des secteurs informels, sinon dans la majorité des cas dans le domaine agricole ou le commerce. Comme au Maroc, les tâches domestiques sont assignées aux femmes dans la plupart des cas.



Un des principaux obstacles pour l’activité des femmes est la difficulté d’accès au système bancaire. En effet, les banques prêtent moins facilement aux femmes qu'aux hommes, ce qui représente un véritable frein pour démarrer une activité. De plus, au Maroc comme au Togo le droit concernant les héritages de propriété restent encore très discriminants envers les femmes. Ce problème a des conséquences importantes notamment dans les zones rurales où les femmes agricultrices ne deviennent quasiment jamais propriétaires des terres sur lesquelles elles ont travaillé toute leur vie. Cela reste une problématique à l’échelle mondiale car d’après l’ONU seulement 13% des propriétaires agricoles sont des femmes.


On peut prendre comme exemple, la Moudawana, le code de la famille marocain, qui ne permet pas qu’un frère et une sœur touchent le même héritage. Le frère recevra au moins le double de sa sœur. Ce même code de la famille empêche une fille unique d'acquérir la totalité de l’héritage de ses parents, l’héritage devra être réparti avec des oncles éloignés par exemple (ce qui n’est pas le cas pour un fils unique).


Nos actions en faveur de l’autonomisation économique des femmes


Depuis notre rencontre avec la coopérative de productrices de beurre de karité du village de Kelizio en 2016, nous avons choisi de mettre l’autonomisation économique des femmes au cœur du développement de notre entreprise. Nous pensons aujourd’hui que chaque acteur économique doit, en plus d’intégrer les impacts de ses activités dans son développement, avoir une action contributive et positive en réponse aux grands enjeux de notre siècle.


Il est évident que les problématiques et discriminations auxquelles font face les femmes, en France, au Maroc et au Togo sont spécifiques et différentes. C’est pourquoi nous avons fait le choix de nouer des partenariats avec des acteurs associatifs locaux pour prendre en compte les particularités de chaque contexte afin d’agir au plus près des besoins des bénéficiaires.


Action #1 : Renforcer les capacités des productrices partenaires


Le commerce équitable pour renforcer l’autonomie des productrices

Depuis quelques années, le beurre de karité est devenu une matière très prisée par les grandes entreprises cosmétiques mais aussi agro-alimentaires, utilisé en substitut de l’huile de palme. Ces multinationales profitent du manque de formalisation et d’organisation des groupements de productrices pour s’affranchir du droit du travail local et international. De plus, ces acteurs fragilisent ces filières ancestrales en imposant une demande de beurre de karité désodorisé, produit à bas coût (extraction par solvant) sans prise en compte du respect et de la valeur patrimoniale des savoir-faire traditionnels.


Dans le cadre de nos engagements pour un commerce équitable, le partenariat que nous avons tissé avec les productrices dépasse largement la simple relation commerciale. Le cadre du commerce équitable vise à construire des relations durables dans le temps pour apporter de la visibilité pour les petits producteurs et d’investir dans des projets communautaires pour renforcer les capacités de nos partenaires. Nous agissons sur trois volets pour renforcer leurs capacités :

  • matérielles (renouvellement du matériel de production, achat de matériel de protection individuel…)

  • organisationnelles (accompagnement à la structuration en coopérative, obtention des labels internationaux pour développer les débouchés commerciaux, …)

  • formation (gestion financière, commerce équitable et droit du travail, hygiène et traçabilité, …)


Ce cadre partenarial permet de garantir des conditions de travail dignes, des salaires stables et plus élevés que la moyenne. C’est pourquoi l’on surnomme le beurre de karité “l’or des femmes” en Afrique de l’Ouest. Son extraction étant quasi exclusivement opérées par des femmes rurales, il représente une activité génératrice de revenus stables toute l’année. Il en est de même pour la production de l’huile d’argan au Maroc.


Action #2 : Soutenir les acteurs associatifs locaux pour multiplier notre impact


En plus de nos engagements en amont des filières, nous avons fait le choix de reverser 10% de nos bénéfices à deux associations qui œuvrent pour l’autonomisation économique des femmes.


La première, S.E.Vie qui agit au Togo a mis en place un programme de micro-crédit pour lever les barrières d’accès au système bancaire et financer les projets d’entrepreneuriat féminin . Le programme de micro-crédit mis en place par S.E.Vie a permis d’accompagner plus de 400 Togolaises dans la réalisation d’un projet générateur de revenus. Les micro-prêts, d’un montant de 60€ à 90€, permettent aux bénéficiaires de démarrer une activité professionnelle (couture, traiteur, coiffure, etc.) et de participer à des sessions de formation sur la gestion financière d’un commerce.


La deuxième association que nous avons choisi de soutenir, Afolki, prend racine au Maroc dans la région de Tafraout. Cette association créée en 2009, a mis en place différents programmes et développer une approche complète et permettre l’émancipation des femmes. Fondée par la première femme élue de la petite ville de Tafraout, l’association propose un programme de formation sur différents métiers d’artisanat pour les femmes mais aussi des cours de sport, des cours d’alphabétisation, une solution de garde d’enfants pour permettre aux femmes qui le souhaitent de travailler, ainsi que du soutien scolaire. Depuis sa création, plus de 300 femmes ont bénéficié de ses actions.


Vous pouvez retrouver ici des articles qui présentent les missions de ces deux supers associations, ainsi qu'une interview de Zineb la fondatrice et présidente d'Afolki.


Il est primordial pour nous de déléguer via notre soutien financier à des associations locales la mise en place de ces programmes puisqu’elles ont l’expertise de leur terrain. Il est important pour nous de développer de véritables logiques de coopération, plutôt que d’aide au développement comme cela a longtemps été le cas dans l’histoire de l’aide internationale.